C’est avec une grande tristesse que nous annonçons le décès de Marc Dreyfus, ami, collègue et directeur de notre unité Expression Génétique Microbienne (EGM) de 2009 à 2013. Marc est surtout connu pour ses travaux montrant les liens entre la traduction, les hélicases et la dégradation de l’ARN chez les bactéries, publiant de nombreux articles fondamentaux dans ce domaine en collaboration avec Isabelle Iost et AJ Carpousis. Marc a suivi une formation de chimiste, et a fait son DEA et sa thèse de troisième cycle avec Bernard Pullman sur la théorie de la liaison hydrogène à l’IBPC, avant d’obtenir sa thèse d’état sur l’échange de protons avec le Pr. JE Dubois à l’Université de Paris 7. Marc a été recruté au CNRS en 1977 et a passé les 11 années suivantes à l’Institut Pasteur (d’abord avec Henri Buc et ensuite avec François Rougeon) interrompues par un séjour à Gif-sur-Yvette dans le laboratoire de Piotr Slonimski. On lui a demandé de créer son propre laboratoire à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm en 1988 et il y a dirigé l’UMR8541 de 2002 à 2008. Il a été convaincu par Mathias Springer de revenir à l’IBPC en 2009 après une interruption de 40 ans pour créer une équipe en collaboration avec Kyle Tanner, Josette Banroques et Thierry Bizebard et devenir directeur de l’EGM. A sa retraite, Marc a rejoint l’unité de Francis-André Wollman pour son éméritat (2014-2019). Même à la fin de son éméritat, Marc est resté étroitement impliqué dans l’IBPC et a joué un rôle clé en aidant l’archiviste Diane Dosso à obtenir une subvention de l’ANR pour étudier la contribution de la philanthropie à la recherche scientifique française via les archives de l’IBPC. Il a gardé de solides amitiés avec de nombreux membres de l’IBPC, revenant régulièrement pour échanger des nouvelles tant avec les chercheurs qu’avec le personnel technique, et surtout avec les gestionnaires qui l’ont aidé à gérer l’EGM avec succès, Laurence Gauthier et Isabelle Krempholtz.

Marc était le plus sincère et le plus gentil des hommes, qui laissera un souvenir ému à tous ceux qui l’ont connu. En plus de ses connaissances encyclopédiques en science, Marc était une fontaine de connaissances en histoire et en géographie françaises. Grand amateur du système ferroviaire français, il a visité tous les coins de l’hexagone. Sa simplicité, son humanité, son authenticité et sa loyauté envers ses amis nous manqueront cruellement.